Twentieth Century French Writers: Reviews and ReminiscencesRobinson, A. Mary F. (Agnes Mary Frances)
History
Twentieth Century French Writers: Reviews and Reminiscences
Robinson, A. Mary F. (Agnes Mary Frances)
French literature -- 20th century -- History and criticism
‘At last the sun began to slope towards evening; it was five
o’clock. After four hours’ incessant fire, our 75’s had silenced
the Prussian batteries on the ridge, and the infantry were ordered
to attack their entrenchments. The black troops from Morocco, in
what had seemed an invincible rush, had tried once, and failed. Now
Péguy’s company starts in skirmishing order; the German batteries
are quiet, but when our men reach the ridge they are greeted by a
storm of bullets. The ground is covered with tangled, down-trodden
oats that catch the feet; and in front, just on a level with
their heads, that burst of fire. Péguy’s voice, ringing and glad,
commands the assault: “Feu! En avant!...”
‘Ah! cette fois c’est fini de rire. Escaladant le talus et
rasant le sol, courbés en deux, pour offrir moins de prise aux
balles, nous courons à l’assaut.... Le capitaine Guérin, M. de la
Cornillière, sont tués raides, “Couchez-vous (hurle Péguy) et feu
à volonté!” mais lui-même reste debout, la lorgnette à la main,
dirigeant notre tir, héroïque dans l’enfer.
‘Nous tirons comme des enragés, noirs de poudre, le fusil nous
brûlant les doigts.... Péguy est toujours debout, malgré nos cris
de “Couchez-vous,” glorieux fou dans sa bravoure. Le plupart
d’entre nous n’ont plus de sac, perdu lors de la retraite, et le
sac, en ce moment, est un précieux abri. Et la voix du lieutenant
crie toujours: “Tirez! Tirez! Nom de Dieu!” D’aucuns se plaignent:
“Nous n’avons plus de sac, mon lieutenant, nous allons tous y
passer!” “Ça ne fait rien! (crie Péguy dans la tempête qui siffle).
Moi non plus! Je n’en ai pas, vous voyez. Tirez toujours!” Et il
se dresse comme un défi à la mitraille, semblant appeler cette
mort qu’il glorifiait dans ses vers. Au même instant, une balle
meurtrière fracasse la tête de ce héros, brise ce front généreux
et noble. Il est tombé, sans un cri, ayant eu l’ultime vision de
la victoire proche; et quand, cent mètres plus loin, bondissant
comme un forcené, je jette derrière moi un rapide coup d’œil
alarmé, j’aperçois là-bas, comme une tache noire au milieu de tant
d’autres, le corps de ce brave, de notre cher lieutenant.’
And here for a threnody let me quote that noble psalm, now familiar to
the soldiers of France, which, until Péguy’s death, lay hidden in that
vast storehouse of lumber and treasure, the poem of _Eve_. Be sure it
will remain for ever among the ultimate residue--the pure regulus--of
all that has been written on the war. And these stanzas were written
before the battle was declared, since Péguy (and therein lies his true
grandeur) was a prophet rather than a poet.
‘Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fut dans une juste guerre;
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre,
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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