Hugo, Victor, 1802-1885 -- Criticism and interpretation
After the sublime and inexpressible pathos of this appeal from age and
innocence against the most execrable of all religions that ever infected
earth and verified hell, it would have been impossible for any poet but
one to find expression for the passion of unselfish faith in that
infernal creed which should not merely horrify and disgust us. But when
Hugo brings before us the figure of the grand inquisitor in
contemplation of the supreme act of faith accomplished in defiance of
king and queen to the greater glory of God, for the ultimate redemption
of souls else condemned to everlasting torment, the rapture of the
terrible redeemer, whose faith is in salvation by fire, is rendered into
words of such magical and magnificent inspiration that the conscience of
our fancy is well nigh conquered and convinced and converted for the
moment as we read.
TORQUEMADA
Ô fête, ô gloire, ô joie!
La clémence terrible et superbe flamboie!
Délivrance à jamais! Damnés, soyez absous!
Le bûcher sur la terre éteint l'enfer dessous.
Sois béni, toi par qui l'âme au bonheur remonte,
Bûcher, gloire du feu dont l'enfer est la honte,
Issue aboutissant au radieux chemin,
Porte du paradis rouverte au genre humain,
Miséricorde ardente aux caresses sans nombre,
Mystérieux rachat des esclaves de l'ombre,
Auto-da-fé! Pardon, bonté, lumière, feu,
Vie! éblouissement de la face de Dieu!
Oh! quel départ splendide et que d'âmes sauvées!
Juifs, mécréants, pécheurs, ô mes chères couvées,
Un court tourment vous paie un bonheur infini;
L'homme n'est plus maudit, l'homme n'est plus banni;
Le salut s'ouvre au fond des cieux. L'amour s'éveille,
Et voici son triomphe, et voici sa merveille,
Quelle extase! entrer droit au ciel! ne pas languir!
_Cris dans le brasier._
Entendez-vous Satan hurler de les voir fuir?
Que l'éternel forçat pleure en l'éternel bouge!
J'ai poussé de mes poings l'énorme porte rouge.
Oh! comme il a grincé lorsque je refermais
Sur lui les deux battants hideux, Toujours, Jamais!
Sinistre, il est resté, derrière le mur sombre.
_Il regarde le ciel._
Oh! j'ai pansé la plaie effrayante de l'ombre.
Le paradis souffrait; le ciel avait au flanc.
Cet ulcère, l'enfer brûlant, l'enfer sanglant;
J'ai posé sur l'enfer la flamme bienfaitrice,
Et j'en vois dans l'immense azur la cicatrice.
C'était ton coup de lance au côté, Jésus-Christ!
Hosanna! la blessure éternelle guérit.
Plus d'enfer. C'est fini. Les douleurs sont taries.
_Il regarde le quemadero._
Rubis de la fournaise! ô braises! pierreries!
Flambez, tisons! brûlez, charbons! feu souverain,
Pétille! luis, bûcher! prodigieux écrin
D'étincelles qui vont devenir des étoiles!
Les âmes, hors des corps comme hors de leurs voiles,
S'en vont, et le bonheur sort du bain de tourments!
Splendeur! magnificence ardente! flamboiements!
Satan, mon ennemi, qu'en dis-tu?
_En extase._
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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