La nonante et quatriesme nouvelle, d'ung curé qui portoit courte robe
comme font ces galans à marier; pour laquelle cause il fut cité devant
son juge ordinaire, et de la sentence qui en fut donnée; aussi la
deffense qui lui fut faicte, et des autres tromperies qu'il fist après,
comme vous orrez plus à plain.
La nonante et cinquiesme nouvelle, d'ung moyne qui faignit estre
trèsfort malade et en dangier de mort, pour parvenir à l'amour d'une
sienne voisine, par la manière qui cy après s'ensuit.
La nonante et sisiesme nouvelle, d'ung simple et riche curé de villaige,
qui par sa simplesse avoit enterré son chien ou cymetière; pour laquelle
cause il fut cité par devant son evesque; et comme il bailla la somme de
cinquante escuz d'or au dit evesque; et de ce que l'evesque luy en dit,
comme pourrés ouyr cy dessoubz.
La nonante et septiesme nouvelle, par monseigneur de Launoy, d'une
assemblée de bons compaignons faisant bonne chère à la taverne et buvans
d'autant et d'autel, dont l'un d'iceulx se combatit à sa femme, quant en
son hostel fut retourné, comme vous orrez.
La nonante et huitiesme nouvelle, par l'acteur, d'un chevalier des
marches de France, lequel avoit de sa femme une fille, belle damoiselle
eagée de xv à xvij ans ou environ; mais, pour ce que son père la vouloit
marier à ung ancien chevalier, elle s'en alla avec ung aultre jeune
chevalier, son serviteur en amours, en tout bien et honneur. Et comment,
par merveilleuse fortune, ilz finirent tous deux piteusement, comme vous
orrez.
La nonante et nefviesme nouvelle, par Philipe de Loan, d'un evesque
d'Espaigne qui par defaulte de poisson mengea deux perdriz en ung
vendredi; et comment il dist à ses gens qu'il les avoit convertiz par
parolles de char en poisson, comme cy dessous vous sera recordé.
La centiesme et derrenière de ces nouvelles, par l'acteur, d'un riche
marchant de la cité de Jennes, qui se maria à une belle et jeune fille,
laquelle, pour la longue absence de son mary, et par son mesme
advertissement, manda quérir ung sage clerc pour la secourir de ce dont
elle avoit mestier; et de la response qu'il luy donna, comme cy après
pourrez ouyr.
[Décoration]
LA PREMIÈRE NOUVELLE.