Materialism; Mind and body; Physiology -- Early works to 1800
Ne croyez pas, au reste, que je veuille prétendre par là que le seul
volume du cerveau suffise pour faire juger du degré de docilité des
animaux; il faut que la qualité réponde encore à la quantité, et que
les solides et les fluides soient dans cet équilibre convenable qui
fait la santé.
Si l'imbécile ne manque pas de cerveau, comme on le remarque
ordinairement, ce viscère péchera par une mauvaise consistance, par
trop de mollesse, par exemple. Il en est de même des fous; les vices
de leur cerveau ne se dérobent pas toujours à nos recherches; mais si
les causes de l'imbécilité, de la folie, etc. ne sont pas sensibles,
où aller chercher celles de la variété de tous les esprits? Elles
échapperaient aux yeux des lynx et des argus. Un rien, une petite
fibre, quelque chose que la plus subtile anatomie ne peut découvrir,
eut fait deux sots d'Erasme et de Fontenelle, qui le remarque lui
même dans un de ses meilleurs Dialogues.
Outre la mollesse de la moëlle du cerveau, dans les enfants, dans
les petits chiens et dans les oiseaux, Willis a remarqué que les
corps cannelés sont effacés et comme décolorés dans tous ces animaux,
et que leurs stries sont aussi imparfaitement formées que dans les
paralytiques. Il ajoute, ce qui est vrai, que l'homme a la protubérance
annulaire fort grosse; et ensuite toujours diminutivement par dégrés,
le singe et les autres animaux nommés ci-devant, tandis que le veau,
le boeuf, le loup, la brebis, le cochon, etc. qui ont cette partie
d'un très petit volume, ont les nattes et testes fort gros.
On a beau être discret et réservé sur les conséquences qu'on peut tirer
de ces observations et de tant d'autres sur l'espèce d'inconstance
des vaisseaux et des nerfs, etc.: tant de variétés ne peuvent être
des jeux gratuits de la nature. Elles prouvent du moins la nécessité
d'une bonne et abondante organisation, puisque dans tout le règne
animal l'âme, se raffermissant avec le corps, acquiert de la sagacité,
à mesure qu'il prend des forces.
Arrêtons-nous à contempler la différente docilité des animaux. Sans
doute l'analogie la mieux entendue conduit l'esprit à croire que les
causes dont nous avons fait mention produisent toute la diversité qui
se trouve entr'eux et nous, quoiqu'il faille avouer que notre faible
entendement, borné aux observations les plus grossières, ne puisse
voir les liens qui règnent entre la cause et les effets. C'est une
espèce d'harmonie que les philosophes ne connaîtront jamais.
Parmi les animaux, les uns apprennent à parler et à chanter; ils
retiennent des airs et prennent tous les tons aussi exactement qu'un
musicien. Les autres, qui montrent cependant plus d'esprit, tels que
le singe, n'en peuvent venir à bout. Pourquoi cela, si ce n'est par
un vice des organes de la parole?
Mais ce vice est-il tellement de conformation, qu'on n'y puisse
apporter aucun remède? en un mot serait-il absolument impossible
d'apprendre une langue à cet animal? Je ne le crois pas.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account