Materialism; Mind and body; Physiology -- Early works to 1800
La jaunisse vous surprend! ne savez vous pas que la couleur
des corps dépend de celle des verres au travers desquels on les
regarde! Ignorez-vous que telle est la teinte des humeurs, telle
est celle des objets, au moins par rapport à nous, vains jouets
de mille illusions? Mais ôtez cette teinte de l'humeur aqueuse de
l'oeil; faites couler la bile par son tamis naturel: alors l'âme
ayant d'autres yeux, ne verra plus jaune. N'est ce pas encore ainsi
qu'en abattant la cataracte, ou en injectant le canal d'Eustachi,
on rend la vue aux aveugles, et l'ouie aux sourds? Combien de gens
qui n'étaient peut-être que d'habiles charlatans dans des siècles
ignorants, ont passé pour faire de grands miracles! La belle âme et
la puissante volonté, qui ne peut agir qu'autant que les dispositions
du corps le lui permettent, et dont les goûts changent avec l'âge et
la fièvre! Faut-il donc s'étonner si les philosophes ont toujours eu
en vue la santé du corps pour conserver celle de l'âme, si Pythagore
a aussi soigneusement ordonné la diète, que Platon a défendu le
vin? Le régime qui convient au corps, est toujours celui par lequel
les médecins sensés prétendent qu'on doit préluder, lorsqu'il s'agit
de former l'esprit, de l'élever à la connaissance de la vérité et de
la vertu; vains sons dans le désordre des maladies et le tumulte des
sens! Sans les préceptes de l'hygiène, Epictète, Socrate, Platon,
etc. prêchent en vain: toute morale est infructueuse, pour qui n'a
pas la sobrieté en partage: c'est la source de toutes les vertus
comme l'intempérance est celle de tous les vices.
En faut-il davantage (et pourquoi irais-je me perdre dans l'histoire
des passions, qui toutes s'expliquent par l'enormôn d'Hippocrate) pour
prouver que l'homme n'est qu'un animal, ou un assemblage de ressorts,
qui tous se montent les uns par les autres, sans qu'on puisse dire
par quel point du cercle humain la nature a commencé? Si ces ressorts
diffèrent entr'eux, ce n'est donc que par leur siège et par quelques
degrés de force, et jamais par leur nature; et par conséquent l'âme
n'est qu'un principe de mouvement, ou une partie matérielle sensible
du cerveau, qu'on peut, sans craindre l'erreur, regarder comme un
ressort principal de toute la machine, qui a une influence visible
sur tous les autres, et même parait avoir été fait le premier; en
sorte que tous les autres n'en seraient qu'une émanation, comme on
le verra par quelques observations que je rapporterai et qui ont été
faites sur divers embryons.
Cette oscillation naturelle, ou propre à notre machine, et dont est
douée chaque fibre, et, pour ainsi dire, chaque élément fibreux,
semblable à celle d'une pendule, ne peut toujours s'exercer. Il faut
la renouveler, à mesure qu'elle se perd; lui donner des forces, quand
elle languit; l'affaiblir, lorsqu'elle est opprimée par un excès de
force et de vigueur. C'est en cela seul que la vraie médecine consiste.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account