Materialism; Mind and body; Physiology -- Early works to 1800
Mais disons avec Mr. Hecquet qu'il n'est pas permis à tout le monde
d'aller à Corinthe. Et pourquoi Stahl n'aurait-il pas été encore plus
favorisé de la nature en qualité d'homme, qu'en qualité de chimiste et
de praticien? Il fallait (heureux mortel!) qu'il eût reçu une autre
âme que le reste des hommes; une âme souveraine, qui non contente
d'avoir quelque empire sur les muscles volontaires, tenait sans peine
les rênes de tous les mouvements du corps, pouvait les suspendre, les
calmer, ou les exciter à son gré. Avec une maîtresse aussi despotique,
dans les mains de laquelle étaient en quelque sorte les battements
du coeur et les lois de la circulation, point de fièvre sans doute;
point de douleur; point de langueur; ni honteuse impuissance, ni
facheux priapisme. L'âme veut, et les ressorts jouent, se dressent,
ou se débandent. Comment ceux de la machine de Stahl se sont-ils sitôt
détraqués? Qui a chez soi un si grand médecin, devrait être immortel.
Stahl, au reste, n'est pas le seul qui ait rejeté le principe
d'oscillation des corps organisés. De plus grands esprits ne l'ont pas
employé, lorsqu'ils ont voulu expliquer l'action du coeur, l'érection
du penis, etc. Il n'y a qu'à lire les Institutions de médecine de
Boerhaave, pour voir quels laborieux et séduisants systèmes, faute
d'admettre une force aussi frappante dans tous les corps, ce grand
homme a été obligé d'enfanter à la sueur de son puissant génie.
Willis et Perrault, esprits d'une plus faible trempe, mais observateurs
assidus de la nature, que le fameux professeur de Leyde n'a connue
que par autrui et n'a eue, pour ainsi dire, que de la seconde main,
paraissent avoir mieux aimé supposer une âme généralement répandue
par tout le corps, que le principe dont nous parlons. Mais dans
cette hypothèse qui fut celle de Virgile et de tous les Epicuriens,
hypothèse que l'histoire du polype semblerait favoriser à la première
vue, les mouvements qui survivent au sujet dans lequel ils sont
inhérents viennent d'un reste d'âme, que conservent encore les parties
qui se contractent, sans être désormais irritées par le sang et les
esprits. D'où l'on voit que ces écrivains dont les ouvrages solides
éclipsent aisément toutes les fables philosophiques, ne se sont trompés
que sur le modèle de ceux qui ont donné à la matière la faculté de
penser, je veux dire, pour s'être mal exprimés, en termes obscurs,
et qui ne signifient rien. En effet, qu'est ce que ce reste d'âme,
si ce n'est la force motrice des Leibniziens, mal rendue par une
telle expression, et que cependant Perrault surtout a véritablement
entrevue. Voy. son Traité de la Mécanique des Animaux.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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