Materialism; Mind and body; Physiology -- Early works to 1800
A présent qu'il est clairement démontré contre les Cartésiens, les
Stahliens, les Malebranchistes, et les théologiens peu dignes d'être
ici placés, que la matière se meut par elle-même, non seulement
lorsqu'elle est organisée, comme dans un coeur entier, par exemple,
mais lors même que cette organisation est détruite, la curiosité de
l'homme voudrait savoir comment un corps, par cela même qu'il est
originairement doué d'un souffle de vie, se trouve en conséquence orné
de la faculté de sentir, et enfin par celle-ci de la pensée. Et pour
en venir à bout, ô bon Dieu, quels efforts n'ont pas faits certains
philosophes! et quel galimatias j'ai eu la patience de lire à ce sujet!
Tout ce que l'expérience nous apprend, c'est que tant que le mouvement
subsiste, si petit qu'il soit dans une ou plusieurs fibres, il n'y a
qu'à les piquer, pour réveiller, animer ce mouvement presque éteint,
comme on l'a vu dans cette foule d'expériences dont j'ai voulu accabler
les systèmes. Il est donc constant que le mouvement et le sentiment
s'excitent tour à tour, et dans les corps entiers, et dans les mêmes
corps dont la structure est détruite; pour ne rien dire de certaines
plantes qui semblent nous offrir les mêmes phénomènes de la réunion
du sentiment et du mouvement.
Mais de plus, combien d'excellents philosophes ont démontré que la
pensée n'est qu'une faculté de sentir, et que l'âme raisonnable
n'est que l'âme sensitive appliquée à contempler les idées, et
à raisonner! Ce qui serait prouvé par cela seul que lorsque le
sentiment est éteint, la pensée l'est aussi, comme dans l'apoplexie,
la léthargie, la catalepsie, etc. Car ceux qui ont avancé que l'âme
n'avait pas moins pensé dans les maladies soporeuses, quoiqu'elle
ne se souvint pas des idées qu'elle avait eues, ont soutenu une
chose ridicule.
Pour ce qui est de ce développement, c'est une folie de perdre le
temps à en rechercher le mécanisme. La nature du mouvement nous
est aussi inconnue que celle de la matière. Le moyen de découvrir
comment il s'y produit, à moins que de ressusciter avec l'auteur de
l'Histoire de l'Ame l'ancienne et inintelligible doctrine des formes
substantielles! Je suis donc aussi consolé d'ignorer comment la
matière, d'inerte et simple, devient active et composée d'organes,
que de ne pouvoir regarder le soleil sans verre rouge: et je suis
d'aussi bonne composition sur les autres merveilles incompréhensibles
de la nature, sur la production du sentiment et de la pensée dans un
être qui ne paraissait autrefois à nos yeux bornés qu'un peu de boue.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account