Materialism; Mind and body; Physiology -- Early works to 1800
Qu'on m'accorde seulement que la matière organisée est douée d'un
principe moteur, qui seul la différencie de celle qui ne l'est pas
(eh! peut-on rien refuser à l'observation la plus incontestable?) et
que tout dépend dans les animaux de la diversité de cette organisation,
comme je l'ai assez prouvé; c'en est assez pour deviner l'énigme des
substances et celle de l'homme. On voit qu'il n'y en a qu'une dans
l'univers et que l'homme est la plus parfaite. Il est au singe, aux
animaux les plus spirituels, ce que le pendule planétaire de Huygens
est à une montre de Julien le Roi. S'il a fallu plus d'instruments,
plus de rouages, plus de ressorts pour marquer les mouvements des
planètes, que pour marquer les heures, ou les répéter; s'il a fallu
plus d'art à Vaucanson pour faire son Fluteur, que pour son Canard,
il eût dû en employer encore davantage pour faire un Parleur; machine
qui ne peut plus être regardée comme impossible, surtout entre les
mains d'un nouveau Prométhée. Il était donc de même nécessaire que la
nature employât plus d'art et d'appareil pour faire et entretenir une
machine, qui pendant un siècle entier pût marquer tous les battements
du coeur et de l'esprit; car si on n'en voit pas au pouls les heures,
c'est du moins le baromètre de la chaleur et de la vivacité, par
laquelle on peut juger de la nature de l'âme. Je ne me trompe point,
le corps humain est une horloge, mais immense, et construite avec
tant d'artifice et d'habileté, que si la roue qui sert à marquer les
secondes vient à s'arrêter, celle des minutes tourne et va toujours
son train, comme la roue des quarts continue de se mouvoir; et ainsi
des autres, quand les premières, rouillées, ou dérangées par quelque
cause que ce soit, ont interrompu leur marche. Car n'est-ce pas ainsi
que l'obstruction de quelques vaisseaux ne suffit pas pour détruire,
ou suspendre le fort des mouvements, qui est dans le coeur, comme dans
la pièce ouvrière de la machine; puisqu'au contraire les fluides dont
le volume est diminué, ayant moins de chemin a faire, le parcourent
d'autant plus vite, emportés comme par un nouveau courant, que la
force du coeur s'augmente en raison de la résistance qu'il trouve
à l'extrémité des vaisseaux? Lorsque le nerf optique seul comprimé
ne laisse plus passer l'image des objets, n'est-ce pas ainsi que
la privation de la vue n'empêche pas plus l'usage de l'ouïe, que la
privation de ce sens, lorsque les fonctions de la portion molle sont
interdites, ne suppose celle de l'autre? N'est-ce pas ainsi encore
que l'un entend, sans pouvoir dire qu'il entend (si ce n'est après
l'attaque du mal) et que l'autre qui n'entend rien, mais dont les
nerfs linguaux sont libres dans le cerveau, dit machinalement tous les
rêves qui lui passent par la tête? Phénomènes qui ne surprennent point
les médecins éclairés. Ils savent à quoi s'en tenir sur la nature de
l'homme; et pour le dire en passant: de deux médecins, le meilleur,
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account