Materialism; Mind and body; Physiology -- Early works to 1800
celui qui mérite le plus de confiance, c'est toujours, à mon avis,
celui qui est le plus versé dans la physique, ou la mécanique du corps
humain, et qui laissant l'âme et toutes les inquiétudes que cette
chimère donne aux sots et aux ignorans, n'est occupé sérieusement
que du pur naturalisme.
Laissons donc le prétendu Mr. Charp se moquer des philosophes qui ont
regardé les animaux, comme des machines. Que je pense différemment! Je
crois que Descartes serait un homme respectable à tous égards, si,
né dans un siècle qu'il n'eût pas dû éclairer, il eût connu le prix de
l'expérience et de l'observation, et le danger de s'en écarter. Mais
il n'est pas moins juste que je fasse ici une authentique réparation
à ce grand homme, pour tous ces petits philosophes mauvais plaisants,
et mauvais singes de Locke, qui, au lieu de rire impudemment au nez
de Descartes, feraient mieux de sentir que sans lui le champ de la
philosophie, comme celui du bon esprit sans Newton, serait peut être
encore en friche.
Il est vrai que ce célèbre philosophe s'est beaucoup trompé, et
personne n'en disconvient. Mais enfin il a connu la nature animale;
il a le premier parfaitement démontré que les animaux étaient de pures
machines. Or, après une découverte de cette importance et qui suppose
autant de sagacité, le moyen, sans ingratitude, de ne pas faire grâce
à toutes ses erreurs!
Elles sont à mes yeux toutes réparées par ce grand aveu. Car enfin,
quoiqu'il chante sur la distinction des deux substances, il est visible
que ce n'est qu'un tour d'adresse, une ruse de style, pour faire avaler
aux théologiens un poison caché à l'ombre d'une analogie qui frappe
tout le monde, et qu'eux seuls ne voient pas. Car c'est elle, c'est
cette forte analogie qui force tous les savants et les vrais juges
d'avouer que ces êtres fiers et vains, plus distingués par leur orgueil
que par le nom d'hommes, quelque envie qu'ils aient de s'élever,
ne sont au fond que des animaux et des machines perpendiculairement
rampantes. Elles ont toutes ce merveilleux instinct, dont l'éducation
fait de l'esprit, et qui a toujours son siège dans le cerveau, et à son
défaut, comme lorsqu'il manque ou est ossifié, dans la moëlle allongée,
et jamais dans le cervelet; car je l'ai vu considérablement blessé,
d'autres [8] l'ont trouvé squirreux, sans que l'âme cessât de faire
ses fonctions.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account