Materialism; Mind and body; Physiology -- Early works to 1800
Voyons l'homme dans et hors de sa coque; examinons avec un microscope
les plus jeunes embryons, de 4, de 6, de 8 ou de 15 jours; après ce
temps les yeux suffisent. Que voit-on? la tête seule; un petit oeuf
rond avec deux points noirs qui marquent les yeux. Avant ce temps,
tout étant plus informe, on n'aperçoit qu'une pulpe médullaire, qui
est le cerveau, dans lequel se forme d'abord l'origine des nerfs,
ou le principe du sentiment, et le coeur qui a déjà par lui-même dans
cette pulpe la faculté de battre: c'est le punctum saliens de Malpighi,
qui doit peut-être déjà une partie de sa vivacité à l'influence des
nerfs. Ensuite peu-à-peu on voit la tête allonger le col, qui en
se dilatant forme d'abord le thorax, où le coeur a déjà descendu,
pour s'y fixer; après quoi vient le bas ventre qu'une cloison (le
diaphragme) sépare. Ces dilatations donnent l'une, les bras, les
mains, les doigts, les ongles, et les poils; l'autre les cuisses,
les jambes, les pieds, etc., avec la seule différence de situation
qu'on leur connait, qui fait l'appui et le balancier du corps. C'est
une végétation frappante. Ici, ce sont des cheveux qui couvrent le
sommet de nos têtes; là, ce sont des feuilles et des fleurs. Partout
brille le même luxe de la nature; et enfin l'esprit recteur des plantes
est placé où nous avons notre âme, cette autre quintessence de l'homme.
Telle est l'uniformité de la nature qu'on commence à sentir,
et l'analogie du règne animal et végétal, de l'homme à la
plante. Peut-être même y a-t-il des plantes animal, c'est-à-dire
qui en végétant, ou se battent comme les polypes, ou font d'autres
fonctions propres aux animaux?
Voilà à peu près tout ce qu'on sait de la génération. Que les parties
qui s'attirent, qui sont faites pour s'unir ensemble et pour occuper
telle ou telle place, se réunissent toutes suivant leur nature; et
qu'ainsi se forment les yeux, le coeur, l'estomac et enfin tout le
corps, comme de grands hommes l'ont écrit, cela est possible. Mais,
comme l'expérience nous abandonne au milieu des ces subtilités,
je ne supposerai rien, regardant tout ce qui ne frappe pas mes sens
comme un mystère impénétrable. Il est si rare que les deux semences
se rencontrent dans le congrès, que je serais tenté de croire que la
semence de la femme est inutile à la génération.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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