French fiction -- 19th century; Short stories, French
[Footnote 1: Italian proper names, when used in French, are often
preceded by the definite article.]
--Et que dira papa? demanda Fortunato en ricanant; que dira-t-il s'il
sait qu'on est entré dans sa maison pendant qu'il était sorti?
--Vaurien! dit l'adjudant Gamba en le prenant par l'oreille, sais-tu
qu'il ne tient qu'à moi de te faire changer de note? Peut-être qu'en
te donnant une vingtaine de coups de plat de sabre tu parleras enfin.
Et Fortunato ricanait toujours.
--Mon père est Mateo Falcone! dit-il avec emphase.
--Sais-tu bien, petit drôle, que je puis t'emmener à Corte ou à
Bastia[1]? Je te ferai coucher dans un cachot, sur la paille, les fers
aux pieds, et je te ferai guillotiner si tu ne dis où est Gianetto
Sanpiero.
[Footnote 1: Corte--Bastia. The former is a little town of about 5000
inhabitants in the interior of Corsica; the latter is a seaport on
the northeastern coast of the island and was formerly its capital. It
has about 23,000 inhabitants.]
L'enfant éclata de rire à cette ridicule menace. Il répéta:
--Mon père est Mateo Falcone.
--Adjudant, dit tout bas un des voltigeurs, ne nous brouillons pas
avec Mateo.
Gamba paraissait évidemment embarrassé. Il causait à voix basse avec
ses soldats, qui avaient déjà visité toute la maison. Ce n'était pas
une opération fort longue, car la cabane d'un Corse ne consiste qu'en
une seule pièce carrée. L'ameublement se compose d'une table, de
bancs, de coffres et d'ustensiles de chasse ou de ménage. Cependant le
petit Fortunato caressait sa chatte, et semblait jouir malignement de
la confusion des voltigeurs et de son cousin.
Un soldat s'approcha du tas de foin. Il vit la chatte, et donna un
coup de baïonnette dans le foin avec négligence, et en haussant les
épaules, comme s'il sentait que sa précaution était ridicule. Rien ne
remua; et le visage de l'enfant ne trahit pas la plus légère émotion.
L'adjudant et sa troupe se donnaient au diable; déjà ils regardaient
sérieusement du côté de la plaine, comme disposés à s'en retourner par
où ils étaient venus, quand leur chef, convaincu que les menaces ne
produiraient aucune impression sur le fils de Falcone, voulut faire un
dernier effort et tenter le pouvoir des caresses et des présents.
--Petit cousin, dit-il, tu me parais un gaillard bien éveillé! Tu iras
loin. Mais tu joues un vilain jeu avec moi; et, si je ne craignais
de faire de la peine à mon cousin Mateo, le diable m'emporte! je
t'emmènerais avec moi.
--Bah!
--Mais, quand mon cousin sera revenu, je lui conterai l'affaire, et,
pour ta peine d'avoir menti il te donnera le fouet jusqu'au sang.
--Savoir?
--Tu verras... Mais, tiens... sois brave garçon, et je te donnerai
quelque chose.
--Moi, mon cousin, je vous donnerai un avis: c'est que, si vous tardez
davantage, le Gianetto sera dans le maquis, et alors il faudra plus
d'un luron comme vous pour aller l'y chercher.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account