Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
[23] Louis de Crevant, Marquis and afterwards Duc d’Humières. For
a short portrait of him see I. 196-7. He died in 1694.
[24] François d’Aubusson, Duc de La Feuillade, was a devoted
courtier of Louis XIV. He gave a proof of his devotion by making
the Place des Victoires and adorning it with a statue of his
master in gilded bronze.
[25] Guy de Durfort, Duc de Lorges, was a nephew of Turenne and
father-in-law to Saint-Simon. For his portrait see II. 329-342.
Le lendemain, et c’est de M. le maréchal de Lorges que je le tiens, qui
étoit la vérité même, et à qui je l’ai ouï raconter plus d’une fois et
jamais sans dépit, le lendemain, dis-je, il eut occasion d’envoyer un
trompette aux ennemis qui se retiroient. Ils le gardèrent un jour ou
deux en leur armée. Le prince d’Orange le voulut voir, et le questionna
fort sur ce qui avoit empêché le Roi de l’attaquer, se trouvant le
plus fort, les deux armées en vue si fort l’une de l’autre, et en rase
campagne, sans quoi que ce soit entre-deux. Après l’avoir fait causer
devant tout le monde, il lui dit avec un sourire malin, pour montrer
qu’il étoit tôt averti, et pour faire dépit au Roi, qu’il ne manquât
pas de dire au maréchal de Lorges qu’il avoit grand’raison d’avoir
voulu, et si opiniâtrément soutenu la bataille; que jamais lui ne
l’avoit manqué si belle, ni été si aise que de s’être vu hors de portée
de la recevoir; qu’il étoit battu sans ressource et sans le pouvoir
éviter s’il avoit été attaqué, dont il se mit en peu de mots à déduire
les raisons. Le trompette, tout glorieux d’avoir eu avec le prince
d’Orange un si long et si curieux entretien, le débita non-seulement
à M. le maréchal de Lorges, mais au Roi, qui à la chaude le voulut
voir, et de là aux maréchaux, aux généraux et à qui le voulut entendre,
et augmenta ainsi le dépit de l’armée et en fit un grand à Louvois.
Cette faute, et ce genre de faute, ne fit que trop d’impression
sur les troupes, et partout excita de cruelles railleries parmi le
monde et dans les cours étrangères. Le Roi ne demeura guère à l’armée
depuis, quoique on ne fût qu’au mois de mai. Il s’en revint trouver sa
maîtresse.
L’année suivante, il retourna en Flandres, il prit Cambray, et
Monsieur fit cependant le siège de Saint-Omer. Il fut au-devant du
prince d’Orange qui venoit secourir la place, lui donna bataille près
de Cassel[26] et remporta une victoire complète, prit tout de suite
Saint-Omer, puis alla rejoindre le Roi. Ce contraste fut si sensible
au monarque que jamais depuis il ne donna d’armée à commander à
Monsieur. Tout l’extérieur fut parfaitement gardé; mais dès ce moment
la résolution fut prise, et toujours depuis bien tenue.
[26] About 12 miles N.E. of Saint-Omer.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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