La soixantiesme nouvelle, par Poncelet, de troys damoiselles de Malignes
qui accointées s'estoient de troys cordeliers, qui leur firent faire
couronnes et vestir l'abbit de religion, afin qu'elles ne fussent
apperceues, et comment il fut sceu.
La soixante et uniesme nouvelle, par Poncelet, d'ung marchant qui
enferma en sa huche l'amoureux de sa femme; et elle y mist un asne
secrettement, dont le mary eut depuis bien à souffrir et se trouva
confuz.
La soixante et deuxiesme nouvelle, par monseigneur de Commesuram, de
deux compaignons dont l'ung d'eulz laissa ung diamant ou lit de son
hostesse et l'autre le trouva, dont il sourdit entre eulz ung grant
debat, que le mary de la dicte hostesse appaisa par trèsbonne façon.
La soixante et troisiesme nouvelle, d'ung nommé Montbleru, lequel, à une
foire d'Envers, desroba à ses compaignons leurs chemises et couvrechiefs
qu'ilz avoient baillées à blanchir à la chamberière de leur hostesse; et
comme depuis ilz pardonnèrent tout au larron; et puis ledit Montbleru
leur compta le cas tout au long.
La soixante et quatriesme nouvelle, par messire Michault de Changy,
d'ung curé qui se vouloit railler d'ung chatreur nommé Trenchecouille;
mais il eut ses genitoires coupez par le consentement de l'oste.
La soixante et cinquiesme nouvelle, par monseigneur le prévost de
Vuatènes, de la femme qui ouyt compter à son mary que ung hostellier du
mont Saint-Michiel faisoit raige de ronciner, si y alla cuidant
l'esprouver; mais son mary l'en garda trop bien, dont elle fut trop mal
contente, comme vous orrez cy après.
La soixante et sixiesme nouvelle, par Philippe de Loan, d'ung tavernier
de Saint Omer qui fist une question à son petit filz, dont il se
repentit après qu'il eut ouy la response, de laquelle sa femme en fut
trèshonteuse, comme vous orrez plus à plain cy après.
La soixante et septiesme nouvelle, racomptée par Philippe de Loan, d'ung
chapperon fourré de Paris qui une courdouennière cuida tromper; mais il
se trompa lui mesme bien lourdement, car il la maria à un barbier, et,
cuydant d'elle estre despesché, se voulut marier ailleurs; mais elle
l'en garda bien, comme vous pourrez veoir cy dessoubz plus à plain.
La soixante et huitiesme nouvelle, d'ung homme marié qui sa femme trouva
avec ung autre, et puis trouva manière d'avoir d'elle son argent, ses
bagues, ses joyaux, à tout jusques à la chemise; et puis l'envoya
paistre en ce point, comme cy après vous sera recordé.
La soixante et neuviesme nouvelle, racomptée par Monseigneur, d'ung
gentil chevalier de la comté de Flandres, marié à une trèsbelle et gente
dame, lequel fut prisonnier en Turquie par longue espace, durant
laquelle sa bonne et loyale femme, par l'amonestement de ses amys, se
remaria à ung autre chevalier; et tantost après qu'elle fut remariée
elle ouyt nouvelles que son premier mary revenoit de Turquie, dont par
deplaisance se laissa mourir, pource qu'elle avoit fait nouvelle
aliance.