La septantiesme nouvelle, racomptée par Monseigneur, d'ung gentil
chevalier d'Alemaigne, grant voyaigier en son temps, lequel, aprés ung
certain voyaige par lui fait, fist veu de jamais faire le signe de la
croix, par la trèsferme foy et credence qu'il avoit ou saint sacrement
de baptesme, en laquelle credence il combastit le dyable, comme vous
orrez.
La septante et uniesme nouvelle, racomptée par Monseigneur, d'ung
chevalier de Picardie qui en la ville de Saint-Omer se logea en une
hostellerie, où il fut amoureux de l'ostesse de léans, avec laquelle il
fut trèsamoureusement; mais en faisant ce que savez, le mary de la dicte
hostesse les trouva, lequel tint manière telle que cy après pourrez
ouyr.
La septante et deuxiesme nouvelle, par monseigneur de Commesuram, d'ung
gentilhomme de Picardie qui fut amoureux de la femme d'ung chevalier son
voisin, lequel gentilhomme trouva façon par bons moyens d'avoir la grace
de sa dame, avec laquelle il fut assiegé, dont à grand peine trouva
manière d'en ysser, comme vous orrez cy après.
La septante et troisiesme nouvelle, par maistre Jehan Lambin, d'ung curé
qui fut amoureux d'une sienne paroichienne, avec laquelle le dit curé
fut trouvé par le dit mary de la gouge, par l'advertissement de ses
voisins; et de la manière comment le dit curé eschappa, comme vous orrez
cy après.
La septante et quatriesme nouvelle, par Philippe de Loan, d'ung prestre
boulenois qui eleva par deux fois le corps de nostre Seigneur, en
chantant une messe, pource qu'il cuidoit que monseigneur le seneschal de
Boulongne fust venu tard à la messe; et aussy comment il refusa de
prendre la paix devant monseigneur le seneschal, comme vous pourrez ouyr
cy après.
La septante et cinquiesme nouvelle, racomptée par monseigneur de
Talemas, d'ung gentil galant demy fol et non guères saige, qui en grant
aventure se mist de mourir et estre pendu au gibet, pour nuyre et faire
desplaisir au bailly, à la justice et autres plusieurs de la ville de
Troyes en Champaigne, desquelz il estoit hay mortellement, comme plus à
plain pourrez ouyr cy après.
La septante et sixiesme nouvelle, racomptée par Philippe de Loan, d'ung
prestre chapellain à ung chevalier de Bourgoingne, lequel fut amoureux
de la gouge du dit chevalier; et de l'aventure qui lui advint à cause de
ses dictes amours, comme cy dessoubz vous orrez.
La septante et septiesme nouvelle, racomptée par Alardin, d'ung
gentilhomme des marches de Flandres, lequel faisoit sa residence en
France; mais, durant le temps que en France residoit, sa mère fut malade
ès dites marches de Flandres; lequel la venoit tressouvent visiter,
cuidant qu'elle mourust; et des paroles qu'il disoit et de la manière
qu'il tenoit, comme vous orrez cy dessoubz.